Les effets sur l’apprentissage

Le neuroscientifique Stanislas Dehaene identifie quatre piliers principaux de réussite d’un apprentissage : l’attention, l’engagement actif, le retour d’information, et enfin, la consolidation dans le sens de la répétition (automatisation). Par ailleurs, si nous nous référons à Penfield et Rassmussen ainsi qu’à leur représentation de l’homonculus [1], un tiers de notre cortex moteur est au service de nos mains.

La balle-C+, au travers du travail effectué par les mains, intègre tous ces paramètres dans sa pratique et répond donc parfaitement à ces fondamentaux. En combinant rythme et coordination motrice par l’utilisation de balle ou sacs de jongle, cette activité participe à la construction du schéma corporel, à la latéralisation ainsi qu’à l’élaboration d’une motricité plus fine en sollicitant la capacité attentionnelle de l’enfant. Les élèves construisent un travail d’intégration sensorielle dans lequel ils apprennent à observer et anticiper tout en restant équilibré.

Concernant l’importance du travail cérébral, le Professeur Saldmann précise dans son ouvrage Prenez votre santé en main que « si vous apprenez à jongler, la taille de l'aire (cérébrale) correspondant à cette pratique augmentera au bout de trois mois. En créant de nouveaux territoires cérébraux, vos performances intellectuelles et de mémorisation seront renforcées »[2]. De fait, le travail en rythme avec les balles permet d’harmoniser conjointement les deux hémisphères.

Parallèlement, les structures spacio-temporelles se voient amplifiées avec tout d’abord une structuration spatiale plus fine, mais également une structure temporelle aiguisée. Il a été constaté que l’amélioration des compétences visuelles ainsi que la poursuite oculaire, en l’occurrence des balles, améliorait les capacités de lecture et d’écriture[3]. Par ailleurs, nous sommes composés, notamment par nos battements du cœur, de rythmes physiologiques. Cela organise et compose le corps humain. Cette notion doit être intégrée comme base essentielle de la construction du corps. En passant par un stimuli externe, tel que le rythme donné par l’enseignant dans le lancé de balles, nous permettons au corps d’intégrer de manière  interne cette notion de rythme indispensable au développement. Par conséquent, l’organisation cérébrale se voit structurée de telle façon quelle permet d’accéder plus facilement aux nouveaux savoirs. L’apprentissage devient plus facile, les résultats scolaires progressent. L’élève retrouve le plaisir d’apprendre et réussit avec moins de fatigue. Nous favorisons ainsi l’intégration cognitive. De plus, en étant dans une posture positive de réussite, l’enfant retrouve confiance en lui et augmente son estime personnelle. Des  études scientifiques menées aux Etats-Unis[4] ont également prouvé les effets bénéfiques de cette activité sur le stress et l’impulsivité. Les enfants ayant les symptômes des troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA et TDAH), trouvent une aide dans cette activité en canalisant leur attention tout en agissant sur les structures cérébrales évoquées précédemment.

De manière plus concrète, bien souvent, dans  notre pratique quotidienne au sein d’un groupe classe, nous sommes confrontés à des élèves qui ont des difficultés de coordination ou de repères spacio-temporels. Il s’est avéré que dans certains cas, ils étaient révélateurs de difficultés d’apprentissages tels que la dyslexie ou la dyspraxie par exemple. Comme nous l’avons évoqué, de nombreuses recherches ont montré l’importance de la connexion des deux hémisphères qui fonctionnent en système croisé. Dans la mesure où nous avons tous un côté prédominant, il est nécessaire, pour une bonne latéralisation de les faire travailler ensemble de manière à optimiser leur coopération. Au-delà d’une coordination plus spontanée et fluide qui va se créer, cela va permettre d’apporter une concentration plus fine, en découlera une analyse mieux adaptée. Force est de constater que par la suite la compréhension, entre autre, des consignes sera plus pertinente et efficace. L’élève sera également plus apte à suivre en classe et augmentera sa capacité attentionnelle.

 

[1] Représentation déformée du corps humain à la surface du cortex moteur portant le nom du neurologue américain qui l’a découvert, Wilder Penfield (1981-1976)

[2] Dr Saldmann F., Prenez votre santé en main, Albin Michel,2015

[3] En 1987 John Stein de  l’Université d’Oxford, montre que 75% des enfants dyslexiques présentent une instabilité de fixation et une capacité réduite de converger les yeux.

[4] Étude réalisée par le Dr Dixon Chibanda et le département de psychiatrie de l’université du Zimbabwe « Alleviating Symptoms of Attention Deficit Hyperactive Disorder Using Bal-A-Vis-X, a Non-Pharmacological Approach ».2015